Annoncée dans les journaux télévisés de ce 5 octobre 2018: l’église St Paul de Granville, datant du XIXe siècle, est à vendre au prix 30000€, mais attention, quelques travaux sont à prévoir.

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Cela fait 15 ans qu'elle n'est plus entretenue, désacralisée l'année dernière, le coût des travaux est estimé à 15 millions d'euros minimum. L’investisseur ne pourra la transformer en appartements, il sera dans l’obligation de proposer un projet innovant, respectueux du patrimoine et ce pour un bail emphytéotique de 18 à 99 ans.

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L’histoire de l’église St Paul

À la suite du rattachement d'une partie de Donville et de Saint-Nicolas au territoire de Granville, un décret de l'impératrice Eugénie le 28 décembre 1859, érige en succursale une nouvelle paroisse à Granville sous le vocable de Saint-Paul. Alors que Notre-Dame compte 10 000 paroissiens, Saint-Paul en compte 7 000.

En 1860, une chapelle provisoire est érigée sur « les Bissonnets », terrain de la rue Sainte-Geneviève. Elle abrite les offices durant 40 ans.

Paul Abadie, architecte du Sacré-Cœur de Paris, propose deux projets, en 1864 et 1877, qui sont rejetés. Finalement, est choisie en 1877 l'église de style romano-byzantin, inspirée de l'éclectisme de la fin du XIXe siècle, de l'architecte bréhalais Paul Héneux, installé à Paris : bâtiment de 66,66 m sur 20,67 m, avec un vaste porche surmonté d'un clocher, une nef, un chœur mi-circulaire, des collatéraux, une chapelle de la Vierge, deux autres dans le transept, deux sacristies, les fonts baptismaux à l'entrée, un dôme en pierre au centre de la croix. Des monuments romains et byzantins elle hérite des arcatures, de la polychromie du décor de la façade, la coupole et les mosaïques en médaillons aux bras du transept.

En 1889, le maire Lucien Dior acte la construction qui débute en 1891, et la première pierre est bénie le 28 janvier 1894 par Mgr Germain. Mais la réalisation du dôme en pierre est jugée trop coûteuse, si bien que les frères Ravous, entrepreneurs, le construisent en béton armé, selon le procédé Hennebique. Le chœur n'est pas non plus réalisé, laissant un chevet plat.

L'autel majeur offert au sacré Cœur par la paroisse Saint-Paul en actions de grâces pour la protection de la cité en juin 1940 est érigé en novembre 1940, L. C. Pinel étant curé.

Les vitraux sont posés en 1919, 1949 et 1964.

En 1965, la partie neuve de la salle paroissiale est construite à la place du chœur qui n'a jamais été réalisé.

En 1999, un diagnostic révèle les faiblesses de l'édifice en plusieurs endroits : fragilité du béton armé réalisé avec du sable de mer, juxtaposition de pierres froides et chaudes de la façade, acier des vitraux corrodés, barres d'acier déformées par l'humidité, infiltration d'eau, maçonnerie dégradée, murs de la nef stabilisés par des tirants, poutrelles métalliques soutenant les voûtes internes...

Des travaux sont effectués. Mais, en 2003, un bloc de béton provenant du dôme se détache. Le bâtiment est alors fermé au public [2]. Un devis est fait pour les travaux les plus urgents. Coût avancé : 8 millions d'euros hors taxes.

L'association « Saint-Paul demain » est créée en 2007, avec 200 membres, une commission extra-municipale est constituée. En 2010, un cabinet d'études de Lyon, Médiéval, est chargé d'envisager l'avenir du bâtiment, entre réhabilitation et démolition. Il livre ses propositions au conseil municipal en janvier 2012. Le coût du projet est estimé à 12 millions d'euros [4]. Il comprend, non seulement la réhabilitation de l'édifice, mais également la construction d'un restaurant panoramique, avec, en option, la création d'un pôle habitat et d'un pôle dédié à la formation et aux séminaires.

Le 10 octobre 2017, l'évêché donne son accord à la ville pour désaffecter l'édifice religieux de ses fonctions cultuelles.

Source: wikimanche